Elle sauve 200 personnes pendant la guerre et reçoit la Légion d’honneur à 102 ans

Geneviève Callerot, décorée de la légion d'honneur, a fait de la prison pour avoir aidé des juifs

Geneviève Callerot, 102 ans, a aidé des juifs, des enfants et des blessés pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a également été agricultrice avant de devenir romancière.
Elle a connu deux grandes guerres, trois Républiques, la prison et dix-sept présidents. Geneviève Callerot, 102 ans, est honorée ce vendredi de la Légion d’honneur. Le maire de Saint-Aulaye, où elle habite depuis 1920, en a fait la demande à la préfète de la Dordogne en raison du « parcours atypique » et respectable de son illustre administrée. Une femme qui a longtemps connu le travail de la terre, la traite des vaches et l’horreur de la guerre avant de devenir sur le tard romancière. Son septième livre est prêt à être publié.

Avant la cérémonie, France Bleu Dordogne consacre un portrait à la centenaire décorée par l’ancien président du Conseil général Gérard Fayolle. Geneviève Callerot est née en 1916, dans la capitale. C’est le bombardement de Paris par la Grosse Bertha allemande qui a poussé sa famille à s’installer dans le Périgord, à quelques kilomètres de son adresse actuelle. Là, elle a connu la Seconde Guerre mondiale et a œuvré pour aider ceux qui en avaient besoin.

Selon la radio, la jeune femme habite près de la ligne de démarcation entre Riberac et Montpont et elle aidait des dizaines de personnes à la franchir. « Des jeunes, des vieux, des juifs, des Américains ou Anglais blessés de guerre, elle fera passer le plus de personnes possible », raconte France Bleu. Soit environ 200 personnes qu’elle accompagne clandestinement avec son père et sa sœur. Mais elle le payera, précise la radio, puisqu’en octobre 1942, elle se fait prendre et passe trois semaines en prison.


Dans les années 50, elle achète sa maison à Saint-Aulaye. Elle devient agricultrice, manie les outils puis plus tard le tracteur. « C’est un parcours de labeur et de travail. La vie dans la Double était difficile, avec son mari (Jean), ils étaient métayers avec peu de moyens », se souvient le maire.

« La Légion d’honneur, c’est pour mes parents »

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Puis sa vie a pris un autre chemin au contact de son cousin, l’écrivain-humoriste « Jean-Charles », connu pour ses « Perles du facteur » ou « La Foire aux cancres », lui-même marié avec la romancière Jehanne Jean-Charles. C’est lui qui lit sa première nouvelle et la pousse à poursuivre. Elle publie six romans, dont « Cinq filles du grand barrail » vendu à 15 000 exemplaires.

Le prochain livre est déjà écrit. Il raconte sa vie sous l’occupation et confirmera probablement tout son mérite, récompensé ce vendredi par la Légion d’honneur. « Au départ, j’ai voulu refuser. Je ne voyais pas pourquoi moi j’aurais la Légion d’honneur », explique-t-elle modestement. Puis de préciser : « Mais j’ai pensé à mes parents. Pendant la guerre et l’Occupation, ils ont fait des tas de choses. Si je la prends, c’est autant pour eux que pour moi. »

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